L'eau du ciel fut comme une bouffée d'oxygène qui éclaircit l'esprit. La tension se dissipa en l'espace d'un souffle. Ils s'abritèrent sous l'épaisse chevelure de feuillages d'un grand chêne. Les magiciens savaient pouvoir mettre un terme à la pluie si tel était leur bon vouloir, mais ils n'en firent rien et attendirent. Lore était retombé dans son mutisme indifférent.

 

Dans un bruissement d'ailes, le pégase se pose, étincelant de paillettes magiques. Il secoue la crinière et s'ébroue. La pluie de poudre brillante découvre un cheval mythique au regard brûlant du feu de lointaines étoiles…

 

 

Tu es le premier

 

Il bondit de joie lorsque son père lui annonça qu'ils allaient à la chasse et revint aussi vite qu'il était parti, son arc court à la main, un carquois rempli de flèches à l'épaule. Il se retourna plusieurs fois vers le village, fier de montrer à ses petits camarades qu'il allait devenir chasseur.

Il courait dans la forêt, poursuivi par une tribu de brigands dont il venait de frapper le chef. Il commençait à s'essouffler. Ses poursuivants gagnaient du terrain. Son regard errait, inquiet, de-ci de-là. Il était perdu dans un endroit qu'il ne connaissait pas. Il heurta une racine du bout du pied et s'étala de tout son long. Il voulut se relever mais quelqu'un était là, à quelques pouces de sa tête, un homme enveloppé dans un manteau gris qui descendait jusqu'au sol, sorte de robe de prêtre aux motifs végétaux. Ses yeux fixaient intensément un point devant lui. La tribu s'était arrêtée net à la vue de l'étrange inconnu à la barbe blanche, aux sourcils broussailleux et au regard foudroyant. Ils attendaient, paralysés par la peur. Le vieillard s'adressa à eux d'une voix du tonnerre. Terrorisés ils prirent la fuite sans demander leur reste. L'homme fit demi-tour et s'engagea dans un monde vert. L'enfant se leva et le suivit… Une jeune fille se baignait nue dans une chute d'eau. Il fit comme s'il ne l'avait pas vue et continua d'approcher. Lorsqu'il fut au pied de la cascade elle n'y était plus. Une voix l'appela dans son dos. Elle riait comme une enfant. Il la trouva très belle. Ils plongèrent ensemble dans l'eau froide. Ils en ressortirent et il utilisa un modeste sort de magie pour allumer un feu. Il savait que son Maître n'aurait pas approuvé de le voir ainsi faire montre de ses talents. Il pensait impressionner la jeune fille mais il n'en fut rien, elle rit à nouveau. Il était amoureux d'elle. Elle se blottit contre lui. Loreleï !

 

Son regard s'illumina, une larme glissa sur sa joue, il souriait.

 

Il rencontra le jeune prince dans la forêt, il semblait irréel et conduisait son cheval par la simple force de sa pensée. Wina et lui l'accueillirent. Il devint leur disciple et fit la connaissance de leur fille… Ils étaient nombreux, tous magiciens, venus le tuer. Il releva le défi et les affronta, dans l'air, dans l'eau et dans l'espace. Le quatrième jour il disparut. Ses ennemis clamèrent leur victoire et sa mort, et ne s'inquiétèrent pas de ce qui se tramait dans l'ombre…

Combien de temps, combien d'énergie dépensèrent-ils pour construire ce vaisseau ? Leur fille se sacrifia pour donner vie à cette monstrueuse machine. Elle était heureuse, ils pleuraient… Il pleurait.

Il se sentait vieux et fatigué. Ici, sur cette terre, nul n'imaginait combien il pouvait être âgé. Il est vrai que ses talents lui avaient permis de jouer avec son apparence de manière constante. Maintes fois il avait voulu justifier sa présence sur cette planète, et toujours il avait conclu qu'il était plus utile ici, en quête du prince. Il coupa le contact télépathique avec Alpha, il venait d'accomplir la mission qu'il s'était assignée le jour de son départ.

Un soupir souleva sa cage thoracique, il savait qu'il venait de parler à sa fille pour la dernière fois. Son regard reposait sur la seule photo de famille qu'il eut jamais possédé, à moitié effacée par l'érosion fatale du temps, intacte dans son esprit. Il sentit son âme s'échapper de son corps et ferma les yeux avant de commencer son long voyage. Une voix pleurait dans sa tête qui s'éteignit.

Tu fus le premier, tu seras toujours…

 

 

KILLER DREAM

 

Lore arrêta la voiture là où Jack l'avait garée quelques jours plus tôt, près du château. L'armure de Seyur brillait de mille feux auxquels venaient s'ajouter les sortilèges que Llema y avait jeté afin d'offrir au guerrier une protection absolue. La magicienne était vêtue d'une robe gris-bleu et d'un boléro de couleur semblable, dessinant la silhouette svelte d'un corps aussi sublime que son esprit. Elle portait en outre une fine cote de maille dorée qui canalisait toute son énergie vers ses mains. Tous deux méditaient depuis quelques minutes à côté de la Jaguar lorsque Sony sauta de la voiture, impatiente de se mesurer à des magiciens. Seul le regard de Seyur, lorsqu'il ôta son heaume un instant, lui rappela qu'ils allaient arracher des vies, et peut-être perdre la leur. Pourtant elle était fière d'être dans la peau d'une battante. Elle alla se placer aux côtés de Llema, son professeur. Enfin une tête aux cheveux flamboyants émergea, Lore sortit de sa voiture. Le prince Kreeves avait troqué son habituelle combinaison émeraude contre une autre d'un noir ébène aux liserés argentés. Une cape de couleur identique reposait sur ses épaules, frôlant le sol. Il irradiait un étrange pouvoir, immortel.

« Ils nous attendent. »

« Alors ne les décevons pas », dit le guerrier en rajustant son heaume.

 

L'enceinte était déserte et ne laissait paraître aucun signe d'une quelconque présence. Ils entrèrent dans la cour en ligne et la traversèrent d'un pas décidé, sans chercher à se dissimuler. A leur approche la lourde porte du donjon s'effaça. Une voix leur indiqua qu'ils étaient attendus à l'étage dans le salon.

« Vous voilà donc enfin ! » Chelzan était assis dans un fauteuil, entouré de ses hommes. Il étudia tour à tour chacun de ses adversaires, puis son regard revint se poser sur Lore. « Bien étrange équipe, ma foi, mais d'une efficacité redoutable à en juger par les derniers événements. » A ses yeux rieurs et sa barbe poivre et sel, il était difficile d'imaginer que cet homme eut pu être un usurpateur et un assassin. Rien à voir avec l'archétype du méchant, pensa Sony. La mort de sa sœur frappa de plein fouet sa mémoire comme une douche froide. Un cliquetis métallique brisa le silence, des griffes acérées surgirent de ses bracelets. En réponse, les regards convergèrent aussitôt vers la fillette. Chelzan soupira. Ses yeux vinrent à nouveau se river à ceux de Lore. L'affrontement paraissait inévitable. Chacun cherchait en l'autre le signal d'attaque.

« Puisqu'il en est ainsi, nous combattrons jusqu'à la mort », dit Chelzan. « C'est une erreur, mais il est trop tard pour revenir en arrière. Trop de choses ont été dites, trop de crimes impunis, creusant entre nous un fossé d'autant plus infranchissable que les actes commis sont on ne peut plus répréhensibles. Les dés sont ailleurs. Vous êtes un homme d'honneur, Lore Kreeves, je vous prie donc d'accepter un affrontement dans les règles de l'art. Seulement vous et moi, sur le terrain de votre choix. »

« Cette pièce fera l'affaire. »

« There ! » Un jeune homme élégant sortit du groupe et rejoignit les deux magiciens au centre du prestigieux salon auréolé de hautes colonnes de marbre blanc. Il dévisagea Lore. Son regard était empli de haine. Chelzan poursuivit s'adressant à son acolyte. « Tu dois me jurer, si je péris au cours de ce combat, qu'il ne sera fait aucun mal à ces quatre personnes, ni maintenant ni jamais. » Le regard de There alla tour à tour aux deux magiciens.

« Vous ne pouvez pas perdre, Maître. Pas contre lui. »

Le visage de Chelzan s'empourpra.

« Il ne s'agit pas de cela, mais si c'est vraiment là le fond de ta pensée, alors c'est que j'ai échoué dans mon enseignement. A présent, fait donc le serment qu'ils partiront en paix quoi qu'il puisse m'arriver. » There serra les poings, et secoua lentement la tête sans quitter Chelzan des yeux. « Je veux que tu me le jures à voix haute, que chacun ici puisse t'entendre prononcer ces mots. » Il s'était fait insistant et son visage traduisait la colère qu'il ne voulait pas exprimer. Finalement There desserra les dents et répéta la promesse, puis fit volte-face et reprit sa place au fond de la pièce. Chelzan sembla retrouver instantanément toute sa sérénité. A nouveau il s'adressa à Lore. « S'il vous arrivait quoi que ce soit, je vous assure que je veillerai personnellement à ce qu'il n'advienne rien de fâcheux à vos amis. » Il marqua un temps d'arrêt. « There ! Dresse un champ de force autour de nous. »

Le jeune homme s'avança à nouveau et traça une ligne imaginaire de sa main droite. Un anneau d'étincelles bleutées apparut alors au niveau du sol. Des parois s'élevèrent vers le plafond et se recourbèrent. Le dôme se referma, isolant le centre de la pièce. Des arcs électriques glissèrent sur sa surface, absorbés par le dallage de marbre.

A l'intérieur l'air s'ionisa. Les yeux dans les yeux, Chelzan et Lore se jaugeaient ; une lutte entre deux volontés. L'univers était une demi-sphère de huit mètres de diamètre peuplée de ses deux magiciens. Lore se déconcentra un instant. Il sentit la présence d'Alpha s'éloigner, microscopique cellule aux confins de son esprit. Chelzan dut percevoir le trouble qui agita momentanément Lore, cependant il n'en tira pas profit et recula d'un pas. Son regard s'illumina d'admiration, puis de tristesse. A ce moment il entrevit la vérité. A nouveau son visage se ferma. Sa tenue métallisée aux reflets bleus prit une teinte rougeoyante ; l'énergie affluait à l'intérieur d'une coquille calme et résolue. Son œil droit brilla furtivement d'une lueur rouge. Face à lui, Lore ne rayonnait aucune couleur ; il semblait aussi mort que ses vêtements, parfaitement détendu, totalement absent, et ses yeux sombres étaient devenus des abîmes noirs.

 

De l'extérieur, ne se voyait rien d'autre que deux hommes face à face. Pourtant la scène avait quelque chose d'irréel, comme si tout était déjà terminé, comme si rien n'allait se passer, jamais. Sous le dôme les corps ne respiraient plus. Au seuil de l'éternité, deux êtres d'énergie pure s'affrontaient en silence.

 

Les bras de Chelzan étaient tendus à l'horizontale vers Lore. Ils s'effacèrent depuis le bout des doigts jusqu'aux poignets. Lore n'avait pas bougé. Une main gigantesque déchira l'espace au-dessus de sa tête et s'abattit sur lui. Au même instant une sphère multicolore sortit de sa paume et roula dans les airs le temps d'un souffle. Ni elle ni la main de titan ne rencontrèrent leur cible. L'arène était déserte. There regarda à ses pieds où Lore assis se relevait lentement. Il fixait un point précis au plafond. Puis il tourna la tête. Il souriait. Il disparut. Chelzan applaudit. « Bonne défense, tu as bien progressé. Mais tu laisses des traces telles qu'un enfant pourrait te suivre. »

Ils étaient ailleurs. Autre espace, autre temps, sur une longue route, un long ruban qui parcourt et traverse le néant. Lore était revenu d'instinct vers ce lieu qu'il avait déjà aperçu. Face à lui Chelzan ne le regardait pas tout à fait dans les yeux. Il semblait focaliser son attention sur un point plus éloigné, ses lèvres formaient des mots inaudibles. Son regard prit l'éclat d'un rubis. Il dessina un bouclier qu'il fit tourner sur lui-même. Le motif hypnotique perturbait l'équilibre mais Lore sentit que le réel danger était derrière lui ; les faibles vibrations qui secouaient leur support singulier trahissaient la progression d'un objet lourd.

Lore déchira un voile. Au milieu d'un océan de terre et de rochers se dressaient trois tours cristallines, tendues vers un ciel jaune-orange. Un souffle brûlant l'enveloppa, suivi d'un rugissement assourdissant. Il avança d'un pas et le silence retomba. A l'arrière plan, deux flammes effilées transperçaient de leur pointe bleue un tourbillon de même couleur. Avant que Chelzan retrouve sa trace, Lore traversa un nouvel espace. Ces changements continus étaient épuisants mais représentaient la meilleure défense qui soit. Un mur de pierres s'élevait devant lui, deux fenêtres en losange, et quand il se retourna, There avançait menaçant vers Llema. Seyur, en garde, était encerclé par trois hommes prêts à frapper. Un roulement de tonnerre gronda dans la pièce. Chelzan s'écroula en hurlant, le corps déchiré par une épée de feu. Lore, les mains crispées sur la garde, arracha l'arme en ignorant les cris atroces du magicien blessé. Il tourna son regard vers le cœur de l'arène et sourcilla. « Ainsi donc, There ne tiendra pas parole. » Lore disparut à nouveau. Une porte se dessina qui s'ouvrit soudain brusquement et Chelzan en franchit le seuil. Il tenait à la main un sceptre de pouvoir qu'il brandit. Lore lança un regard dans l'espace où ils s'étaient transportés, esquissa une retraite et se laissa happer par d'autres dimensions. Un éclat de lumière ponctua son départ. La portion de terre qu'il venait de fouler s'était brisée comme si elle n'eut jamais été qu'un miroir.

 

Sa chute fut stoppée net. Il était assis. L'image d'un autre monde absorba les derniers photons de celui qu'il venait de quitter. Cette fois il reconnut immédiatement la pièce. Il sourit à There qui le dévisageait sans comprendre, et déchira un autre voile. A présent il devait agir vite et se débarrasser de Chelzan. La vie de ses amis en dépendait peut-être. Il ne savait pas quel événement du passé ou à venir déclencherait la réaction de There.

Il n'y avait plus ni prédateur ni proie. En quête l'un de l'autre, ils se croisèrent à la frontière de deux mondes adjacents. Chelzan fut le plus prompt et se matérialisa derrière Lore. Son sceptre irradiait l 'énergie de milliers de soleils, cependant il ne toucha pas son adversaire, qui s'était déplacé à la vitesse éclair de la lumière. Un arc de cercle enjambait Chelzan, son attaque en heurta la base. Aussitôt le ruban se mit à onduler. A l'autre bout la voix de Lore résonna. Chelzan fit volte-face, il tenta à nouveau de frapper, se jeta de côté pour éviter la chute des fragments de l'arche et manqua sa cible. Alors une main puissante lui arracha l'instrument de son pouvoir. Son visage pâlit. Il se rua vers cette force voleuse et s'agrippa à la seule portion de l'arche qui ne s'était pas désintégrée.

 

Dans le château, un flash éblouissant illumina la pièce centrale. Au-delà de l'enceinte qui délimitait l'arène, Chelzan déployait toute son énergie, poussant la maîtrise de son art jusqu'au seuil de la folie. Lore était en transe. Les deux énergies contraires s'annihilaient. Chelzan dressa un écran protecteur sur le dallage et s'écroula. L'autodestruction des deux puissances devait annoncer sa propre mort. Une pluie battante d'éclairs muets et lumineux convergèrent en un seul point, formant un globe d'une blancheur aveuglante qui soudain éclata en milliers de cristaux comme autant d'étoiles, qui s'éteignirent peu à peu dans le néant.

 

There fut le premier à rouvrir les yeux. Le cadavre de son Maître gisait près d'un morceau de bois calciné et d'une griffe d'animal. Il détruisit le dôme et s'avança sur la plate-forme qui avait protégé le dallage de marbre ; s'il avait cédé, l'édifice entier se serait effondré tel un château de cartes auquel on aurait enlevé celle du milieu.

« Il l'a tué. Ce démon l'a tué. Il n'a donc rien compris. » There esquissa un geste.

Quelqu'un attaqua Lore et une voix retentit. « Sony derrière toi ! »

Instinctivement elle bondit par côté projetant son bras droit dans un mouvement de rotation. Au même instant un coup de tonnerre claqua dans la pièce, un éclair surgi de nulle part frappa l'homme qui allait poignarder Sony dans le dos, et Lore arracha l'épée de feu qui traversait le corps de son agresseur. La mort de Chelzan s'imposa alors à son esprit, il se tourna vers le cadavre du magicien.

There se rua sur Lore tel un fauve enragé. L'épée de feu se redressa et l'empala. La lame crépita au contact du sang et en absorba l'énergie.

Personne ne bougeait plus. Llema aux côtés de Lore, Seyur toujours encerclé, prêt à frapper, et Sony qui avait stoppé net son attaque en apercevant l'homme inerte au sol, foudroyé, et un autre debout à côté de lui, menaçant.

« Tu es japonais ! », lança t-elle.

« Non. »

 

Lore sentit une présence, une aura puissante, étrangement fraternelle. Il s'en approcha, sans quitter l'assemblée des yeux. Le temps semblait s'être arrêté. Lore se concentra. Une image s'inscrivit dans son esprit, celle de Chelzan avant le combat, il entendit sa voix parler depuis un passé récent et écouta. « Maintenant je sais qui tu es. J'ose espérer que tu garderas une bonne image de moi. Je ne demande pas le pardon. Mais je te prie de l'accorder à mes fils. »

 

Un cri survint, signal d'attaque. D'un bond phénoménal, Sony sauta par dessus son assaillant. Celui-ci poussait encore son cri de guerre lorsqu'un coup de griffe lui entailla la colonne vertébrale. Emportée par son élan, Sony alla rouler aux pieds de Lore. Seyur dévia deux traits magiques du plat de l'épée et trancha la tête d'un attaquant fougueux. Llema n'eut que le temps de se construire des images multiples, l'une d'elles fut instantanément détruite par une attaque mentale. Une autre image subit le même sort mais cette fois l'agresseur fut fauché d'un coup d'épée. L'armure du guerrier absorba une rafale de feu et de glace qui le força à reculer. Il esquiva un second assaut et contre-attaqua, tuant net l'un des assaillants. Sous son heaume le regard froid photographia chacun des magiciens, notant l'emplacement de chacun d'eux. Lore dévia une attaque destinée à Sony et se rua sur l'agresseur. Il embarqua au passage les deux autres magiciens qui traquaient Seyur et tous les quatre allèrent rouler au sol. Surpris par cette tactique, ils furent trop longs à se relever et n'opposèrent aucune parade à la tempête électrique que Lore déchaîna sur eux. Plus rapide, Lore se réfugia dans un autre monde avant les quelques mortelles secondes. L'instant d'après il fut aux côtés du guerrier. Les trois derniers survivants conjuguèrent leurs pouvoirs en une seule décharge d'anti-énergie. Ils s'évanouirent une fraction de seconde dans le néant. Lorsqu'ils réapparurent un pan de mur s'était désintégré. Un arc de cercle les enjambait. A droite la voix de Seyur les appela. Au pied de l'arche Lore se rétablissait de son ultime effort de transmutation. Face à lui une armure brillait de mille feux. Ce furent leurs dernières pensées. Trois têtes tombèrent, victimes du même coup d'épée.

 

Treize cadavres gisaient dans la salle commune du château. Ecœurée du spectacle Sony quitta la pièce. Seyur essuya la lame de son épée et sortit du salon en compagnie de Llema. Lore avait disparu. Il s'était réfugié ailleurs, là où rien ne subsiste, ni matière, ni loi d'aucune sorte, le néant. Il voulait être seul. Personne ne se lança à sa recherche. Llema téléporta le petit groupe à la maison.

 

         Nul cri, nul pleur, nous sommes des guerriers, les rois d'un jour

         Ecoutez les larmes de ceux qui étaient présents, Archanges de la mort

         Ceux-là seront des héros à leur retour chez eux

 

Le jour déclina. La lune en partie voilée éclaira progressivement le parc de sa lueur blême, et les quelques étoiles qui échappèrent au plafond nuageux pointèrent le bout de leur étincelle. La tension de ces dernières semaines était retombée. La préoccupation principale de centaines d'années n'existait plus. Llema et Seyur s'apprêtaient à faire leurs adieux à la Terre.

 



18/05/2008
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