De part et d'autre de la croisée, abrités derrière des parois transparentes à l'épreuve des balles, un groupe d'hommes attend le signal qui doit leur parvenir directement par radio. Ils sont en liaison avec le central et reçoivent les images filmées par les caméras de tous les couloirs avoisinant. Ils savent que les hommes qu'ils ont pour mission d'abattre arrivent à leur hauteur. Ils constatent aussi que le Ninja qui les précède de quelques pas vient d'éliminer trois des leurs. Une silhouette apparaît soudainement face à eux, chacun fait feu sans retenue. Ceux qui survivent à la première salve ont vu leur bouclier disparaître dans le néant, en même temps que cette forme qu'ils visaient. Sur la vingtaine de soldats présents, treize s'écroulent mortellement atteints.

Les blessés furent rapidement dépouillés de leurs armes et assomés pour ceux qui étaient encore conscients.

 

« Le temps presse, allons-y ».

 

Ils croisèrent encore quatre groupes armés, représentant au total une cinquantaine d'hommes, combattant un fou armé d'un katana qui ne faisait que frapper, parfois aux mains parfois à la tête, et s'évaporer pour se rematérialiser au meilleur endroit pour agir et atteindre sa cible sans que quiconque puisse riposter. Les rares soldats qui tentèrent d'ajuster leur tir ne touchèrent que leurs compatriotes dans le pire des cas, et les murs et les caméras qui les braquaient.

 

Enfin ils atteignirent leur objectif. Une porte fermée cachait une salle d'opération. Assise sur une table de soins, Elizabeth avait un pistolet contre la tempe. Un homme près d'elle, deux autres de part et d'autre de la porte, tous prêts à faire feu. Les gonds explosèrent, touchés par des carreaux d'arbalète. Simultanément, Elizabeth se retrouva étendue sous le corps d'un Ninja tandis que William et ses hommes vidaient leurs chargeurs dans la pièce. Le feu cessa, faute de munitions, sur un véritable carnage.

Le Ninja se redressa d'un bond. Son image se modifia flottant telle un hologramme. William admira cet étrange personnage qui le frôla pour se glisser dans le couloir tel un fantôme, s'assurer de l'absence de renforts. Leurs regards se croisèrent. Ce n'était plus le même homme, avec ou sans camouflage. Malgré son professionnalisme, William ne s'attendait pas à de tels événements, et il se demanda s'il ne devait pas se souvenir de cet instant comme de la fin d'une époque, l'aube d'une ère nouvelle.

Les hommes de William le dévisageait… les dévisageaient, surpris, inquiets, attendant que l'un des deux leaders dise quelque chose. Ce fut le Ninja qui rompit le silence tandis que William se précipitait sur sa fille.

« Des blessés ? »

« Paul, mais c'est juste une éraflure de balle qui a ricoché. »

« Babeth ma chérie, tu n'as rien ? »

« Ca va… plus de peur que de mal… »

William serrait sa fille dans ses bras, il releva la tête et lui sourit, caressant son visage effaré.

« Sais-tu où est son amie ? »

« Non, mais je sais qu'elle a été enlevée elle aussi par ces monstres. »

« Will, je crois qu'il va falloir forcer le responsable à se démasquer. »

« Je vais vous guider jusqu'à la zone interdite. »

Ethan dessina un large sourire sur son visage, ses yeux brillaient d'une étrange lueur.

 

Une trentaine de soldats étaient postés dans le couloir. Une porte blindée leur bloquait le passage. Ethan appliqua ses mains à plat sur le panneau d'acier. Se corps se mit à irradier la chaleur, les millions de degrés du soleil de Shilin, portant le métal à sa température de fusion. Presque aussitôt, de l'autre côté, quelqu'un ordonna le débloquage du mécanisme et la porte commença à coulisser, oscilla un instant, puis s'abbatit dans un vacarme assourdissant, emportant avec elle une partie des murs. Par chance il n'y eut pas de blessés supplémentaires.

Parmi les hommes du groupe opposé, William reconnut d'anciens alliés reconvertis, les autres étaient des renforts. Tous prêts à combattre mais personne ne bougea. Le hall était déserté par les scientifiques. Il fallait vraiment que le secret de cette mutinerie soit bien gardé. Une voix grave s'éleva dans le silence des regards, celle d'un homme que certains avaient cru voir mourir.

 

« Vous ! » souffla William.

« Oui moi. Surpris ? »

« Non pas vraiment. » dit Ethan.

L'homme arbora un sourire en coin. « Quelle amertume dans ta voix. Tu me détestes depuis la première fois où nous nous sommes rencontrés n'est-ce pas ? Je tiens à te rassurer », l'homme prit une voix douce « Moi je te hais ! »

Ethan ne desserra pas les dents. « Je sais, et vois-tu je m'en sentais déjà rassuré. »

« Cesse de faire le malin si tu tiens à ta chinoise. » Ethan répondit d'un regard mortel. « Aurais-je trouvé ton point faible ? Allons réponds ! Cela ne changera rien. » Ethan était semblable à une statue de marbre, seuls ses yeux brillaient d'un feu dévastateur. « Te voilà donc muet. » L'homme leva le bras. « Je t'attends demain midi, à cet endroit précis. » Il indiquait un point sur une carte métallique blottie au creu de sa main.

« Je n'ai que faire de ton défi, Jack ! »

« C'est vous qui dirigez le Centre n'est-ce pas... » souffla William.

Jackson hocha la tête. « Je te conseille d'être à l'heure… »

« C'est vous ! » coupa William

Jackson sourit. « Accompagnez ces messieurs et cette demoiselle jusqu'à la sortie. Et veillez à ce qu'ils soient sages. Je m'en voudrai terriblement d'abîmer une si belle chevelure et tout ce qui s'y trouve enfoui. »

Ethan pointa du doigt le front de Jackson entre les yeux et disparut dans un éclair foudroyant.





20/02/2009
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