A peine avaient-ils quitté la tablée que Houblon les rejoignit. Il s’insinua entre Lore et Marc dont il prit un coup de coude au passage. Lore nota le geste et sourit.

« Alors sergent, content de votre entrevue avec le commandant ? »

« Absolument mon lieutenant, et votre intervention a été remarquable. J’ignorais que vous étiez présent au secteur huit… En tout cas vous avez marqué des points auprès du général Pontoise et du soldat Marc. »

« Sergent ! Lieutenant ou général, personne ne marque de points avec moi, gardez vos donc vos réflexions pour vous ! »

Houblon haussa les épaules et se tourna vers Marc. « Arrêtez de faire votre mauvaise tête soldat, nous connaissons tous votre penchant pour les gradés… » Il termina sa phrase en sentant une gifle claquer sur sa joue. Lore s’interposa, bloqua la riposte de Houblon, et inconscient de la force qui courait dans ses bras les sépara violemment, les envoyant de part et d’autre du couloir s’écraser contre la paroi. Un instant de stupeur, puis Houblon grommela tandis que Marc grinçait des dents.

« Ici, sur cette plaque, est écrit lieutenant. Alors tant que je serai là vous devez respecter mes ordres. Et je vous ordonne d’arrêter vos chamailleries ! Le soldat Marc sais de quoi je suis capable quand on me met en colère alors je vous conseille vivement d’obtempérer. Wakarimasita ka ? » Deux paires d’yeux étonnés. « Je vous ai demandé si vous aviez compris ! »

« Oui mon lieutenant ! »

« Affirmatif mon lieutenant ! » Le sergent Houblon se mit au garde à vous en claquant les talons, torse bombé, yeux rivés au plafond. Marc fusilla Lore du regard.

« Repos sergent, nous repartons ! »

 

Ils traversèrent le couloir et arrivèrent à une porte automatique. Houblon s’empressa d’en empêcher la fermeture et lâcha un juron. Lore avait saisi son épée à deux mains. Visiblement l’exosquelette n’avait pas entravé son apparition. Il la fit tournoyer et planta la lame dans le récepteur de signaux électromagnétiques. Des arcs électriques se formèrent, un court-circuit fit griller le mécanisme de la porte. « Système désuète », souffla Lore. Marc avait déjà franchi le seuil et se retourna en entendant les crépitements. Le visage de Houblon avait perdu ses couleurs et son ineffable sourire. Il dévisageait Lore, interloqué.

« Mais, mon… mon lieutenant… cette arme, c’est une épée ! »

« Bravo sergent, bien vu. »

« Mais, c’est la même arme que celle du Spacelander… Vous n’êtes pas le lieutenant Kreeves ? »

Houblon esquissa un geste vers son arme, et l’interrompit aussitôt en sentant la lame de l’épée glisser le long de son cou.

« En effet je ne suis pas lieutenant, sergent Houblon. Je suis le prince Lore Kreeves, et je vous conseille de l’oublier si vous tenez à votre tête, car si ce n’est pas moi qui vous l’arrache, je crains fort que vos supérieurs n’hésitent pas à le faire s’ils venaient à apprendre que vous m’avez conduit au P.C. »

« Mais alors, Marc est de votre côté ? »

« Pas du tout. Elle est trop jolie pour mourir d’une hémorragie interne… »

« Ordure ! Si je le pouvais je vous étranglerais avec vos propres tripes ! », coupa Marc.

« Suffit ! », cingla Lore. « N’oubliez pas que vous êtes sous mes ordres. »

« Alors ça c’est la meilleure ! »

« Que se passe t-il sergent, vous contestez mon autorité ? »

« Non mais dites-moi que je rêve ! » Houblon se dégagea, s’empara de son arme, et la laissa échapper aussitôt lorsqu’il se prit un violent coup du plat de l’épée sur les doigts.

« Tss, tss… Vous n’êtes pas très malin, sergent. Qu’en pensez-vous soldat ? » Marc fit un signe affirmatif de la tête sans desserrer les dents. Son regard empli de haine en disait long mais elle ne bougea pas. « Tant que je vous tiens sergent, ne savez-vous pas, par hasard, ce qui se trame à l’Unité 241 ?… ou devrais-je plutôt dire U, 2, 4, 1 ?... What does it means ? »

« Vous allez me massacrer comme les autres si je ne réponds pas ? »

« A votre avis ? »

« J’emporterai mon silence dans la tombe prince Lore Kreeves. Vous n’espérez tout de même pas me faire chanter… »

« Pas plus que ne le fit la belle Angela. Mais prenez garde à vous. Je reviendrai !… » Sa phrase mourut en un écho comme il se désintégra et disparut.

 



11/06/2008
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