TOO MUCH TO LOOSE

 

 

 


Legend & Lore…

 

… Ou le regard intense des instants précieux, qui se cache derrière le miroir de tes yeux au reflet de sauvagerie dans les prunelles ?

Fantômes et démons gardiens sacrés, jardin secret, la clé de sol est un passe…

Le feuillage frissonne et le tigre jaillit puissant, force de la nature, ultime survivant de sa lignée. Les génies malicieux amoureux de la beauté veillent sur leurs enfants sauvages. Les lieux rayonnent de forces délicates, les voix de miel s'élèvent vibrantes à la pureté du cristal et entonnent la destinée multicolore aux mille visages. A la lueur pâle d'une source nacrée, un nom, une image, au cœur de la nuit glisse sur un rayon de lune argenté, reflet de ce qui fut et sera à jamais. Tous l'ont vu, tous l'ont écouté, et tous l'ont entendu répondre à leur appel muet. Eux savent. Ashma…

Des chevaliers de l'ombre aux anges des limbes, monstres d'énergie, il n'y a qu'un pas…

 

 

MAGMA

 

Du bruit, des odeurs, un contact humide, rugueux et froid, un bouquet d'impressions, sensations fugaces, crissement, sifflement, qui vrille les oreilles, une douleur vive, un rai de lumière brise la pénombre rassurante. Des feux éclairent furtivement, des ombres se profilent, bougent et approchent, difformes, une menace, l'intuition frappe, la fuite… Fuite de l'inconnu, fuite de l'incompréhension, fuite face à la haine, l'instinct de survie. Ils poursuivent, traquent, bruyants et brillants de reflets fugitifs. Des scènes affluent en désordre, clichés, fictions, mémoire, souvenirs épars et fragmentés, incohérents, dilués, lambeaux d'intelligence, prémisse de la pensée.

Trois hommes armés de couteaux et de chaînes, des bouteilles à la main, sans aucun doute ivres, cherchent leur victime qui a disparu dans la ruelle sombre. Ils veulent se défouler, cogner, tuer peut-être. Ils courent sur le sol détrempé dans le labyrinthe de briques de vieux bâtiments fermés, déformés par des escaliers en fer. Au bout du voyage, l'impasse, la rue, le quartier, ses lumières, ses gens et ses rondes de police. Une voiture vient bloquer le couloir, quelqu'un en descend, armé, et se prépare à la rencontre. La battue s'apprête à jeter une proie dans son filet. Il va falloir lutter. A droite, une porte ouverte, le salut momentané, un entrepôt, encore des escaliers, des passerelles, des gouttières, une cachette. Plus haut, des fenêtres, et bientôt la sortie… Mais ils sont déjà là et le traquent. Ils se séparent et fouillent, ils sont mortels et faibles…

Un sentiment poignant de perte, un oubli, le vent, la pluie, le sol si rugueux qui blesse, les mains rouges et poisseuses, des flash bleus, un bruit strident, douleurs qui s'atténuent, et toujours l'oubli, oubli de quoi… Quelque chose monte au-dessus, des taches sombres et lumineuses, la chaleur, la douceur, la protection.

Un sourire se dessine sur son visage mangé par la barbe, une impression de bien-être qui s'efface et fait place au doute, pourquoi, qui, quoi, un ancien homme, une bête et bientôt quelqu'un. Les questions rebondissent, la conscience renaît par vagues successives, flux et reflux des marées de l'esprit. La porte s'ouvre sans prévenir, il faut fuir, des voix, un cri perçant, la fenêtre, un plongeon…

Un chat retombe sur ses pattes sans se blesser, la chute est longue et contrôlée. En bas des gens regardent apeurés et hurlent à plein poumons. A nouveau la peur, la course à la poursuite du noir, de l'oubli, d'un havre de paix, et puis cette faim féroce, atroce.

Quelqu'un s'approche et tend la main. Quelqu'un qui regarde et attend, impassible, une envie de quelque chose, un mot : « merci », murmuré à l'orée de la pensée. Sensations fugitives, la solitude encore, la fuite de l'inconnu, irrépressible, incompréhensible. Silence assourdissant. Tout n'est que question sans réponse, tout n'est que gouffre lisse sans fond, tout n'est rien. Le néant.

 

 

LA FILLE DE PIERRE

 

Elle n'était pas née lorsque ses parents ont émigré en France. Ils se sont installé à Paris et y ont monté un restaurant. Elle ne connaît que ce pays, pourtant elle ne s'y sent pas chez elle. Ici les fées n'existent pas et tout lui semble parfois si inhumain. Jamais elle ne se résignera à passer pour le petit animal exotique qu'on montre à ses amis. Ce soir lors de la fête, il lui a fallu encore affronter les regards insistants de trop de goujats. N'y tenant plus elle est sortie prendre l'air, et s'est arrêté un instant acheter de quoi calmer sa faim.

Il était là, debout dans le noir, adossé à un mur, les yeux noyés dans l'immensité du ciel, ailleurs, sur une autre étoile. Il rayonnait quelque chose qu'elle cherchait depuis toujours, peut-être le rêve. Il a tourné la tête vers elle mais il ne la voyait pas. C'était un animal perdu, un fauve blessé, il était la détresse du monde concentrée en un seul homme. Elle voulait fuir et restait fascinée. Elle offrit à manger, elle tendait la main à la bête mortelle et sentait la tristesse d'une âme en peine l'envahir, elle laissait son instinct librement la guider. « Vous allez bien mademoiselle ? » La voix la fit sursauter. Elle venait d'oublier un instant passé, pourtant elle se souvenait d'un regard, d'une pensée, de quelqu'un qui avait été là et qui avait disparu. Elle ne dit rien et poursuivit son chemin. Elle ne comprenait pas pourquoi elle était heureuse et triste à la fois, elle pensait à la fille de pierre.

 

 

SHADOWPLAY

 

Il poussa la porte du restaurant chinois, laissa entrer la jeune femme et sortit. Il eut envie de tourner la tête mais se retint d'observer celle qu'il venait de croiser. Elle était assurément belle mais le style asiatique ne lui convenait guère. Il préférait les grandes blondes aux yeux bleus. Il s'engouffra dans sa voiture. Son chauffeur semblait ne jamais arriver en retard.

« Monsieur le Comte a fait un bon repas ? »

« Excellent, c'est vraiment la meilleure cuisine après la nôtre. Alexandre, on rentre. Je dois me changer. »



11/06/2008
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